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Georges Blaise, de Grune, n'est pas content...

20120608_11261.JPGGeorges Blaise, habitant de Grune, n’est pas content. En cause, un courrier de bpost lui apprenant qu’à partir du 20 janvier 2014, seuls les imprimés mentionnant son nom, son prénom et son adresse continueront à lui être distribués normalement. Fini pour lui de recevoir la presse gratuite.

L’intéressé s’offusque. Car sur sa boîte, il a juste apposé le sticker « no pub ». Et pour lui, la presse gratuite reste une source d’informations nécessaires et indispensables. Bpost ne changera pas sa position.

Quand il a ouvert sa boîte, voici quelques jours, Georges Blaise, un habitant de Nassogne, a trouvé un courrier de bpost qui l’a plutôt contrarié. Dans cette lettre, on lui indiquait qu’à partir du 20 janvier 2014, « seuls les imprimés mentionnant vos nom, prénom et adresse continueront à vous être distribués normalement. » Et bpost de lui rappeler « que contrairement à ce que mentionnent les autocollants développés par la Région wallonne, bpost ne fait pas la distinction entre la publicité et la presse gratuite. Il n’est donc pas possible de recevoir uniquement la presse gratuite ou inversement . »

Georges Blaise s’insurge contre cette décision. Ecoconseiller fraîchement retraité de la commune, il avait décidé d’apposer le sticker refusant les publicités, mais acceptant la presse gratuite. « Cela dans un souci environnemental évident », rappelle-t-il.

Face à ce qu’il estime être une décision unilatérale de bpost, il a donc décidé d’écrire un courrier à l’institution. « Cette presse gratuite, pour moi, constitue un lien permanent entre tous les acteurs de la société, car elle informe, certes sur le plan commercial, mais aussi sur le plan culturel et social : les enquêtes publiques, les services de garde, les fêtes villageoises… souligne Georges Blaise. Or, informer sur les activités et manifestations récréatives est essentiel pour l’organisation de rencontres entre habitants. En interdisant la distribution de cette presse gratuite, c’est tout le tissu social que vous agressez, que vous détricotez. »

Pour Georges Blaise, retirer son sticker équivaut à polluer. « Les publicités représentent en moyenne un kilo/semaine. Si les 250 familles qui ont placé un sticker le retirent, on peut estimer à 13.000 kilos la quantité de déchets supplémentaires/an à traiter rien que sur Nassogne. »

Ces arguments n’ont pas convaincu bpost. L’institution ne compte en effet pas changer son fusil d’épaule. « Selon mes informations, ce courrier n’a été envoyé qu’aux habitants de la commune de Nassogne ayant choisi d’apposer un sticker sur leur boîte aux lettres, commente Eric Halloy, porte-parole pour bpost. Dans ce cas précis, il s’agit un peu d’un rappel à l’ordre. Nassogne est, en effet, une petite commune rurale. Les facteurs connaissent encore bien les habitants. Dans un souci de bien faire, ils ont continué à suivre à la lettre les indications placées sur les stickers, ce que bpost avait décidé de ne plus faire. Mais cette situation de fait pose problème lorsque le facteur titulaire doit être remplacé. »

L'avis de bpost. 

Pour Éric Halloy, porte-parole de bpost, la décision prise par son entreprise à Nassogne ne fait que remettre « les pendules à l’heure ». Bpost a toujours contesté la réglementation mise en place par la Région wallonne. Elle estime en effet qu’il ne lui est pas possible de faire la distinction entre la publicité et la presse gratuite. Cela pour une question organisationnelle.

Lorsqu’un citoyen applique un sticker signalant qu’il ne souhaite pas de publicité dans sa boîte aux lettres, que peut-il s’attendre à recevoir effectivement ?

Il ne recevra aucune publicité ni aucune presse gratuite (petits journaux de type Vlan, Les Annonces de l’Ourthe…) sauf si ces publicités sont adressées à son nom. Le facteur lui déposera toutefois toutes les communications informatives émanant des autorités publiques (communales, régionales, fédérales). En période électorale, nous sommes également obligés de lui glisser tous les tracts des candidats.

Qu’en est-il des informations dispensées par un centre culturel ou une ASBL ?

Ces informations sont assimilées, pour bpost, à de la publicité. Elles ne seront donc distribuées que chez les personnes qui n’ont pas apposé un sticker sur leur boîte aux lettres.

Même si le centre ou l’association vous paie pour ce service ?

Oui. Sauf si le nom et l’adresse de la personne sont mentionnés. Les associations sont au courant, c’est clairement indiqué dans nos conditions générales de vente. 

Réglementation de la Région wallonne.

Au milieu des années 2000, le Gouvernement wallon a voulu réglementer l’envoi des toutes-boîtes. Cela, notamment, dans une volonté de voir diminuer la quantité de déchets produits. Le particulier avait alors le choix entre quatre « scénarios » différents :

  • une boîte aux lettres sans sticker : pour recevoir le courrier, la publicité, la presse gratuite ;
  • une boîte aux lettres avec sticker, mais trois possibilités :
    • pour recevoir uniquement le courrier (sans pub et sans presse gratuite) ;
    • pour recevoir uniquement le courrier et la presse gratuite (sans pub, mais avec presse gratuite) ;
    • pour recevoir uniquement le courrier et la pub (avec pub, mais sans presse gratuite).

Et c'est cette réglementation que bpost conteste.

Ailleurs dans la province.

Toutes les communes de la province ne font pas systématiquement appel à bpost pour distribuer leurs informations à caractère informatif.
 
Si à Bastogne et à Arlon, on passe aujourd’hui par ce moyen de distribution, cela n’a pas toujours été sans mal. « Lorsque les stickers sont apparus sur les boîtes aux lettres, explique-t-on à Bastogne, nous nous sommes rendu compte que les facteurs ne distribuaient plus le bulletin communal où les boîtes aux lettres portaient l’autocollant “no pub”. Heureusement, cela n’a pas duré longtemps et nous avons pu rectifier le tir. » Coût pour la commune : environ 800 euros/distribution.
 
À Arlon, la commune s’est, pendant environ deux ans, tournée vers d’autres distributeurs. « Nous étions contents du service initial fourni, mais quand la poste a subi une restructuration voici quelques années, on ne parvenait plus à réserver les bonnes plages de distribution. Notre bulletin communal doit toutefois être distribué à des dates précises, car il correspond à des événements (carnaval, Aralunaires…) organisés dans la commune. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de changer. »
 
Voici peu, un nouveau contact avec un représentant les a assurés que les réservations pourraient se faire comme souhaité par la commune. « Et depuis deux-trois distributions, nous travaillons à nouveau avec la Poste. »
 
À Marche, par contre, le bulletin communal n’est plus distribué par la Poste, mais bien par le Trusquin,
une EFT (Entreprise de Formation par le Travail) qui propose ce type de services et que la commune a voulu soutenir.
 
À Nassogne aussi, la commune a choisi un autre moyen de distribution. « Ce sont désormais les ouvriers communaux qui distribuent le bulletin communal, explique le bourgmestre Marc Quirynen. Lorsque bpost s’en chargeait, nous rencontrions à chaque fois des problèmes. La cartographie de la poste ne correspondait pas aux limites de la commune. Certains bulletins communaux se retrouvaient régulièrement à Hargimont (Marche). »

Nathalie Husquin.

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