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André Magerotte : Et si nous avions tout perdu en refusant Nassonia ?

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À l’heure où beaucoup, dans notre village, ressentent un effet « gueule de bois » tandis que d’autres s’imaginent rassurés d’être à nouveau rassérénés dans leurs petites habitudes sans vision et sans avenir, leur « tranquillité » comme ils disent, je viens de découvrir une interview de Léopold Lippens, le très visionnaire bourgmestre de Knokke-Heist. (Supplément « style » au Trends tendances de ce 15 juin).

Je ne résiste pas à l’envie d’en livrer ici quelques extraits qui devraient nous faire réfléchir.

Oh j’entends déjà certains dire en mettant leur index sur la tempe : « mais Nassogne n’est pas Knokke-Heist, il est fou Magerotte ! »

Mais justement, si Nassogne n’est que Nassogne c’est bien parce qu’il lui a toujours manqué ce petit brin de folie qui fait avancer les choses de sorte que l’on devient le meilleur, la référence.

Je vous livre en vrac quelques morceaux choisis de cette interview :

« Tous ceux qui séjournent à Knokke, qu’il s’agisse d’habitants, de résidents secondaires ou de la clientèle hôtelière éprouvent tous le même sentiment d’être en territoire propre, car 96 % d’entre eux sont belges.

Ici on trouve de la sécurité, une offre étendue de magasins et de restaurants, des galeries d’art, toutes sortes d’équipements sportifs, des sentiers cyclables et de promenades ; ces possibilités existent pour les parents et pour les enfants, c’est une structure unique et rare.

Nous disposons d’une équipe enthousiaste sans laquelle je ne signifierais rien en tant que bourgmestre. Nous nous centrons essentiellement sur deux aspects. D’une part nous sommes en quête constante d’esthétique, d’autre part, nous nous interrogeons sur la manière de satisfaire les besoins des gens.

Il est logique que nous trouvions des réponses à cela. Et le succès est au rendez-vous. Les gens trouvent Knokke-Heist agréable, c’est aussi simple que cela.

Ce qui est remarquable, c’est que la plupart des réalisations s’effectuent grâce à des initiatives privées. Une politique délibérée de la commune qui, selon moi, ne doit répondre qu’aux besoins de base et dans une moindre mesure. Le reste est laissé au secteur privé qui s’en empare s’il y voit la possibilité de faire des bénéfices.

Résultat : ici tout fonctionne parfaitement et cela profite à tout le monde. Cela crée du travail pour les jardiniers, les boulangers, les chauffagistes, les restaurateurs… bref, un essor pour l’ensemble de la région.

C’est relativement unique et cela a aussi à voir avec le fait que je ne suis pas un politicien professionnel. Dans la plupart des communes, les politiciens ne pensent qu’à leur réélection et il en résulte une politique de court terme.

Je ne me bats pas contre des gens, je m’investis pour des idées, et si elles ne conviennent plus, je m’écarte.

Je suis un vrai démocrate, ce qui signifie que je peux aussi changer d’avis. Il m’arrive de recevoir des réactions à propos d’éléments auxquels nous n’avions pas songé et cela peut nous faire changer d’opinion.

L’essentiel est de se rendre compte que le monde est lui-même en train de changer. Nous devons donc abandonner certaines idées et chercher des alternatives.

Je suis enthousiaste parce que je travaille avec des gens enthousiastes, en plus d’être entouré d’un collège constitué d’entrepreneurs, j’ai aussi à mes côtés un avocat, un notaire, un médecin, un vétérinaire et même un vendeur de voitures. Des gens qui connaissent le prix du pain.

Il faut également savoir que Knokke-Heist est une commune économe. Nous sommes des gens satisfaits de ce qu’ils ont et qui, surtout, rient beaucoup ensemble ».

Voilà donc la recette : la commune se cantonne dans son rôle de service public et encourage le privé à investir.

Dans ce système tout le monde est gagnant et la prospérité est au rendez-vous.

Car il est inutile de vouloir « garder son identité » (sic) si cette identité est celle d’un village en décrépitude, voire moribond.

Il ne saurait faire bon vivre dans un village qui manque à ce point de tout, que son centre est devenu une friche économique ; et il n’est pas loin le temps où les derniers nassognards, tels des troglodytes, se terreront dans leurs vieilles maisons, hantés pas l’angoisse d’avoir oublié de s’approvisionner en produits de première nécessité devenus introuvables depuis la disparition des commerces.

Ceci n’est pas une fiction, j’ai rencontré récemment des touristes assis sur un muret de la place communale, occupés à siroter des cannettes achetées à la librairie faute d’avoir trouvé une terrasse accueillante où profiter de la convivialité d’un service attentionné.

Pensez-vous vraiment que ces personnes reviendront à Nassogne ?

Pensez-vous qu’ils ont trouvé Nassogne agréable ?

Or si plus personne ne vient à Nassogne, nous sommes tous condamnés.

Nassogne possède un potentiel de développement économique exceptionnel ; accueillir des investisseurs porteurs de projets d’avenir permettrait de créer de la richesse pour tous, de l’emploi, des facilités, de la prospérité.

Mais ces investisseurs, et notamment le dernier en date, se voient repoussés comme des pestiférés de crainte qu’ils s’enrichissent dans des activités qu’aucun de leurs détracteurs ne sera jamais capable de réaliser lui-même.

Car l’équation est évidente : si un investisseur s’enrichit, chacun de nous tous s’enrichit en proportion.

Le pays tout entier se gausse de notre bêtise alors que nous pourrions vraiment être la cité d’Ardenne la plus prospère et la plus en vue ; n’ayons pas peur des mots, Nassogne pourrait être le Knokke-Heist du sud.

Car enfin sommes-nous plus stupides que d’autres ?

C’est en ma qualité d’acteur économique local que j’ai rédigé ces lignes, car j’estime avoir le devoir d’attirer l’attention de tous sur notre avenir proche. Non pas pour moi, je n’en ai pas besoin, mais pour mes enfants et les vôtres.

Ceci est ma dernière intervention sur Nassonia, simplement je ne souhaitais pas être du nombre de ceux qui auront laissé mourir notre village.

André Magerotte

Catégories : Nassonia Lien permanent

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