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Projet Ell’laine, association de quatre créatrices et d’un berger, Thierry Mulders.

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Cinq cents moutons ardennais ont été mis à contribution. Pas moins d’une tonne de laine wallonne sera bientôt transformée en luminaires, chaussons et tapis sous les doigts agiles de quatre créatrices amoureuses du terroir. Ell’laine, c’est le nom de cet audacieux projet de circuit court non alimentaire.

Chaque année, quelque 150 tonnes de laine sont produites sur le sol wallon. Si le plus gros sera bradé à des acheteurs chinois et envoyé comme matière première aux petites mains œuvrant dans l’Empire du Milieu, « environ 37 tonnes sont toutefois lavées en Wallonie – chez Traitex à Verviers, l’un des quatre derniers lavoirs d’Europe ou dans de toutes petites unités –, et 14 tonnes sont transformées en produits finis, ici, en Wallonie », estime Ygaëlle Dupriez, coordinatrice de la Filière laine.

Et de préciser, « ces quatre dernières années, la diversité des produits confectionnés en laine locale a explosé. On est passé de 4 à 35 types différents. Ce sont des oreillers, des chaussettes, des sacs, des couettes, des chaussons, des tapis, des lampes etc. »

Sans conteste, la laine wallonne suscite un regain d’intérêt auprès des artisans entrepreneurs du cru. « Le tout jeune projet Ell’laine en est l’emblème. Parmi les quatre artisanes qui se sont associées dans ce projet, on compte deux designers qui ne travaillaient pas la laine jusqu’alors et une épicière bio qui ne vendait pas encore des produits issus de laine locale », poursuit-elle.

A la tête du projet Ell’laine, on trouve Véronique Corman. Depuis une dizaine d’années, cette plasticienne de formation confectionne des chaussons en feutre à partir de laine de mouton. « Ils sont pour moi une belle manière de valoriser les laines locales, souvent gonflantes et donc très moelleuses. C’est aussi un art de vivre… Les heures de la journée où l’on enfile ses chaussons marquent un changement de rythme, plus lent, un contact avec le sol propice au ressourcement et à la détente. »

Si la passion au long cours est au rendez-vous, développer sa propre marque « À pas feutrés » s’est par contre révélé être le parcours du combattant. C’est lors d’une rencontre de travail avec la Filière laine que l’idée a germé : se mettre à plusieurs.

Désormais, c’est un quatuor d’artisanes qui œuvrent de concert. Outre Véronique et ses chaussons, Ell’laine comprend les designers Emelyne Vostier et Solenne Grosos, qui proposeront des tapis et luminaires à base de toisons de moutons wallons. Sans oublier Séverine Schwander, épicière en produits bio et locaux à Toernich, qui écoulera désormais en sus des tapis ronds en feutre de laine locale.

Pour leur approvisionnement en matière première, elles se sont associées avec un berger de Nassogne, Thierry Mulders. Son exploitation gérée de manière biologique compte entre 1.000 et 1.200 brebis, accompagnées de leurs agneaux. Ce sont des moutons roux ardennais, des croisés et des Blackwelsh dont la laine donne un intéressant mélange brun-gris. Dans l’espoir de débusquer de meilleurs débouchés que dans le circuit conventionnel (voir si contre), il entassait les tontes des années précédentes.

Une aubaine pour le quatuor de créatrices de Ell’laine (1) qui attendent désormais le retour de la laine, lavée à Verviers et feutrée en Allemagne, pour se mettre au travail.

Lire la suite de l'article en cliquant ici.

Envie de soutenir ce projet ? www.ecobole.eu/fr/elllaine

Commentaires

  • Revaloriser la laine, une aussi noble matière à utilisations multiples, est une initiative à applaudir et à encourager. Ça vaut vraiment la peine de parcourir leur site et de voir les premiers produits et objets artisans qui seront commercialisés. Nous pouvons tous jouer un rôle positif en pré-commandant un produit et en diffusant l'information autour de nous. C'est dix mille fois mieux et créateur d'emplois locaux que d'acheter "made in China". Cette initiative pourrait donner de bonnes idées dans d'autres domaines pour revaloriser le savoir faire wallon, remettre à l'honneur d'anciens métiers...réutiliser d'autres sous-produits dans la mouvance de l'économie circulaire.

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